Toil'd'épices, pour tout savoir sur les épices, condiments et herbes aromatiques

Le Moyen-Age et le monopole Arabo-Italien

De Toildepices

Après l'invasion d'Alexandrie par les Arabes en 642, le commerce entre l'Occident et l'Orient s'amenuise. Alors les épices deviennent un luxe, et les rares importées pendant plus de 400 ans iront directement dans les palais et monastères. Les livres de comptes des monastères mentionnent : fenouil, gingembre, galanga, safran, ail, poivre, girofle. Les épices les plus rares comme le poivre servent de monnaie.

Cher comme Poivre

Pendant ce temps, les arabes ont un empire qui va de l'Espagne aux frontières chinoises (milieu du VIIIe siècle). Bien qu'il n'y ait que peu de relations entre Europe catholique et Arabie musulmane, c'est la seule source d'approvisionnement en épices. Et en tant que seul fournisseur, les arabes gardent le silence sur l'origine des épices et sur les énormes bénéfices qu'ils réalisent.

Un décret, datant de la fin du règne de Charlemagne (début du IXe siècle), impose la culture de 70 épices et herbes dans toutes les propriétés impériales ainsi que dans les monastères. c'est le fameux capitulaire 'De villis vel curtis imperialis'.

Au XIVe siècle, les épices faisaient souvent l'objet d'impôts :

  • Les comtes de Provence levaient un impôt sur le poivre, gingembre, girofle, safran, cumin, et le sucre
  • Une taxe à Londres en 1305 sur l'anis, la réglisse, et le poivre à queue pour réparer le Pont de Londres.


En Europe, les seuls à profiter du commerce des épices sont les italiens avec les ports de Venise et Gènes car ils ont su conserver des rapports privilégiés avec les marchands arabes. Grâce à ces rapports, la famille Polo, et en particulier Marco Polo, visitèrent l'empire d'Orient.

Marco Polo (1254-1324), issue d'une famille de marchands vénitiens intéressés par l'Orient, partit en 1271 pour le Cathay (Chine du nord). Il resta longtemps à la cour et au service de l'empereur mongol Kubilay Khan. Il traversa la Chine, Insulinde, l'Inde et revint en Europe en 1295. Il écrivit ses mémoires en français : Livre des merveilles du monde Le texte de Marco Polo lors de sa captivité (Gènes ayant pris le dessus sur Venise, cf ci-contre).

Ses récits attisent encore plus l'engouement de l'Occident pour les épices et l'Orient en général et pose de plus en plus le problème de la domination arabe sur ce commerce, et leur contrôle de la mer rouge, route maritime directe vers les Indes.

Du XIe au XIIIe Siècle, les Croisades marquent la reprise du commerce avec l'Orient, c'est une première tentative de briser le monopole arabe. Les croisés et les pèlerins sont transportés par les bateaux italiens, qui rapportent de terre sainte épices et soieries. Sur place, les croisés lèvent des impôts et des rançons en poivre, muscade, etc… D'autre part, ils échangent de la laine, des habits, du fer et du bois contre des dattes, des figues, des citrons, des oranges, des amandes ainsi que des épices (poivre, muscade, cannelle, girofle, cardamome). Les négociations sont longues et beaucoup d'échanges sont nécessaires avant de quitter Alexandrie pour Lyon Nuremberg ou Bruges.

En 1280 Venise prend le dessus pour plus d'un siècle. Elle devient la plaque tournante du commerce pour toute l'Europe : les épices, soieries, pierres précieuses arrivent de Chine et Inde contre de la laine, de l'or, de l'argent, du corail, et du safran.

En 1453, les ottomans turques prennent Constantinople, laissant ainsi les Vénitiens seuls sur le marché des épices…


Lire la suite de l'Histoire du commerce des épices : Domination commerciale du Portugal (et de l'Espagne)


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