Cette mauvaise herbe nuisible aux cultures, appréciée des bestiaux et des oiseaux, est une des plantes condimentaires et médicinales connues depuis des temps immémoriaux en Europe et dans tout le bassin méditerranéen.
Sa principale utilisation est médicinale : elle lutte très bien contre tous les saignements. En cuisine, toute la plante est utilisable :
jeunes racines tendres, crues comme les radis (Raphanus sativus, brassicacées),
racines hachées pour relever les plats de leur saveur piquante,
jeunes feuilles crues en salades ou cuites en légumes,
fleurs et boutons floraux en décor,
graines à saveur piquante comme épice ou comme condiment à la façon de la moutarde (Brassica nigra, brassicacées).
Bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris (L.) Medik.)
latin botanique : Thlaspi bursapastoris, Capsella bursa-pastoris (L.) Medik.,
francais : bourse à berger, Bourse à Judas, Bourse à Pasteur, bourse de capucin, Bourse de capucin, bourse de curé, bourselle, Boursette, Capselle, Capselle à Pasteur, Capselle bourse à Pasteur, coeur de curé, herbe de la fièvre, herbe du coeur, herbe du petit coeur, herbe du sang, malène, malette, malette à berger, millefleurs, molette, Molette à berger, moutarde de Mithridate, moutarde sauvage, sanguinaire, tabouret, tête d'aspic, thlaspi,
Et dans d'autres langues : Plikstinš, ciai Pojudre, Bolsa de pastor, Taska, Torii ghaans, Gewoon herderstasje, Zhĕntóucăo, An Sporan, Plikškis Sierinš, ナズナ, Guns, Lutukka, Stony in the wall, Pungarvi, kazu Siers, Fat hen, Täschelkraut, Voir toutes les traductions...
La bourse à pasteur (bursa-pastoris, en latin) doit son nom à la forme de ses fruits qui ressemblent à d'anciennes sacoches de bergers (pastoureaux) ou à un petit coeur.
Ses noms scientifiques font aussi allusion à la forme de ses fruits : Capsella, diminutif du latin capsa, boite ; Thlaspi, du grec θλασπις désignant une plante dont la graine est de forme écrasée ou dont on écrasait la graine.
La bourse à pasteur est consommée dès le Néolithique en Europe, comme l'attestent les graines retrouvées dans des sites lacustres.
Elle a longtemps été utilisée pour arrêter les hémorragies de toutes sortes (estomac, poumons, utérus et reins). On s'en est servi pour traiter les hémorragies utérines et post partum (après l'accouchement), la ménorragie (menstruation excessive), les hémorragies du côlon et la diarrhée, ainsi que pour les problèmes de vessie et de sang dans les urines.
Au XVIe siècle, un médecin (Mathioli) résume ainsi ses propriétés médicinales : "bon hémostatique".
Durant la première guerre mondiale, on redécouvrit ces vertus hémostatiques pour soigner les blessures car les approvisionnement en médicaments étaient rares et insuffissants. Les résultats furent tellement probants que la capselle devint la star de nombreuses publications scientifiques...
Cette plante a une telle puissance, qu'il n'est même pas indispensable de l'ingérer ou d'appliquer lotions et onguents :
Europe, Moyen-Age, Livre des simples médecines (Plaetarius) :
"On doit la cueillir au mois de Juin, à la lune descendante. Elle a des vertus cachées et secrètes.
Pour arrêter les saignements de nez, il faut que le patient en tienne dans la main droite [où dans la main opposé au saignement] deux branches l'une sur l'autre. A ceux qui ont des ruptures et des relâchement de veines, il convient de donner à boire à jeûn de sa poudre dans un très bon vin."
pour la même affection, l'abbé Künzle nous conseille de s'entourer le cou de bourse à pasteur fraîche
Europe, Moyen Age : mettre au cou des enfants, dans un petit sac d'étoffe rouge, les cosses de la capselle pour stimuler la pousse des dents, une fois ces dernières apparues il fallait jeter le sac dans un cours d'eau…
Contre les chagrins d'amour : infusion de petite poignée de fruits frais dans un demi litre d'eau, à boire pendant 8 jours...
Seules les parties aériennes de la plantes sont utilisées :
Antihémorragique, Hémostatique.
Astringente
Tonique
Diurétique
Emménagogue
Les tiges florales contiennent des substances astringentes et antihémorragiques, résolvantes des engorgements. La bourse-à-pasteur est recommandée contre la tension artérielle élevée et, chez la femme, contre les hémorragies à la puberté et à la ménopause ainsi que contre les diarrhées, les hémorroïdes et les varices.
En Russie, elle est un remède populaire contre les fièvres intermittentes. ATTENTION Toxique à haute doses.
Capsella bursa-pastoris Mænch.
Famille des brassicacées (comme la Moutarde, le choux, le wasabi, le raifort…)
Plante bisannuelle, parfois annuelle, herbacée de 20 à 40 cm de hauteur, une des plus communes dans les champs, les décombres, les terrains vagues et au bord des chemins, où on la trouve presque toute l'année. Elle fleurit de mars à décembre. Adventice très répandue et très envahissante. Elle pousse jusqu'à 2500 m d'altitude. Racines à saveur piquante, à ramasser lorsqu'elles sont encore tendres. Feuilles basales en rosette, lobées, velues à la base et à divisions orientées vers l'extérieur. Feuilles supérieures entières, à oreillettes, sessiles, embrassantes, lancéolées. Fleurs minuscules (2 à 3 mm), blanches, à sépales poilus. Fruits : silicules triangulaires et aplaties (en forme de cœur, de bourse), ont un goût un peu salé et piquant.
Les fleurs et fruits cohabitent souvent, fleurs en haut, fruit en bas.